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      Cet ouvrage, quelque peu hétéroclite et navigant à l'estime entre des sujets divers et diversement traités, tente d'apporter saza contribution à la lutte contre les publications déprimantes qui hantent de nos jours notre Société. Il s'efforce d'incorporer sur un mode anecdotique des textes traitant de cuisine avec des articles plus raisonnés, présentés clairement. Les rêveries d'un consommateur non solitaire accompagnent ici les explications techniques avec le but avoué de provoquer le sourire sur des mets jusqu'alors méprisés. Ainsi, vous saurez retenir l'attention de vos partenaires de table sur l'origine et l'histoire de ce qu'ils sont en train de déguster. Loin d'avoir voulu rédiger une oeuvre didactique, l'auteur s'est plu à révéler l'aspect pittoresque des rapports entre le plaisir de la table et l'homme, ce mammifère qui est le seul à pouvoir manger sans avoir faim (Brillat-Savarin).

       Après quarante années de chirurgie, Robert Achard s'est penché vers la littérature gastronomique. De ses nombreuses publications professionnelles il a gardé le goût de la précision, ajoutant désormais un penchant prononcé pour l'humour et la fantaisie qu'il ne pouvait se permettre auparavant.

      Une série d'articles, certains publiés dans différents revues, d'autres originaux mélangent avec bonheur le parfum de la recherche historique au musc de la galéjade, les réflexions sur la cuisine aux aventures qu'il vécut au cours de ses voyages.
Extrait...
....APOLOGIE DU GROS
          Alors que la minceur est à la mode dans tous les magazines, ne convient-il pas de célébrer aussi les individus bien enveloppés ? Ne suscitent-ils pas la sympathie ?
          On dit toujours : un bon gros, jamais un bon maigre, se plaisait à répéter mon regretté ami Charles Exbrayat. Avec quelques raisons d'ailleurs. Ne faudrait-il pas voir dans cette recherche acharnée d'une silhouette dépouillée tant à la mode de nos jours une explication à ce climat agressif qui habite certaines de nos sociétés ? Si jadis l'homme volontiers rondouillard prêtait moins d'attention à son aspect physique, il n'en était que plus prisé si s'étalait sur son gilet une chaîne rutilante retenant une montre de prix. Les femmes, ellesmême bien en chair, proposaient des appâts conséquents montant à l'assaut de plusieurs rangées de perle qui meublaient à grand peine de vertigineux décolletés. Il est vrai qu'obtenir un tel profil était chose aisée car les menus pléthoriques étaient, si l'on peut dire, le pain quotidien.
          Autour d'une table, cernée par de nombreux convives et copieusement garnie, s'amoncellaient à l'occasion d'une noce ou d'une cérémonie religieuse quelques dizaines d'entrées froides ou chaudes, des potages divers, des viandes blanches assorties de légumes variés. Afin de prévenir une somnolence post-prandiale, signe avant-coureur de l'apoplexie, le coup du milieu apportait un instant de répit. Il consistait en un petit verre d'alcool blanc ou glacé incorporé à un sorbet pour ménager la susceptibilité des dames. Survenaient ensuite les viandes rouges, les gibiers, les fromages et enfin les montagnes de pâtisseries et gâteaux qui s'efforçaient de colmater l'ensemble. Devant une telle avalanche de mets et de boissons, car on buvait sec, qui oserait prétendre que les estomacs d'alors ressemblaient à ceux d'aujourd'hui ? Comparer un transport routier avec la malle d'une voiture, fut-elle de grand tourisme, est une gageure. De telles agapes s'étendaient aussi dans le temps : deux ou trois jours au moins, car il eut été inhumain de renvoyer sur des chemins difficiles à cheval ou en berline, des invités venus de loin et à la démarche pesante. Entre ces banquets successifs, les convives tentaient donc d'éliminer ces excès par une promenade digestive dans le jardin ou le parc selon la fortune de l'amphitryon. Il s'opérait ainsi une sorte de rotation dans les efforts consentis. Les muscles des jambes engourdis par une longue immobilité prenaient le relais de ceux des mandibules épuisés qui jouissaient enfin d'un repos mérité.
         En vérité de telles coutumes trouvaient leur origine dans la plus haute antiquité. Chacun a en mémoire les orgies romaines où l'on mangeait d'abondance et de surcroît étendu sur le trichinium (lit de table pour trois personnes), ce qui incitait probablement à des orgies d'une autre nature. Si le Banquet de Platon fut plus philosophique que gastronomique, les Grecs de Plaka ou ceux des palais pouvaient facilement...

Propos drolatiques sur la cuisine du Massif Central
1998 - Robert Achard - 208 pages - 16,77 €

 
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